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Printemps des poètes 2007 à la Maison d’Arrêt de Metz
By aure | juillet 26, 2007
Ca y est! L’édition du printemps des poètes 2007 est imprimée.
A l’occasion de cette cinquième édition, le sujet d’écriture était la lettre d’amour.
Les détenu(e)s de la Maison d’Arrêt de Metz ont été nombreux à participer et à écrire, leurs passions à coeur ouvert, avec simplicité et sincérité.
Le comité de lecture de la Maison d’Arrêt de Metz qui réunit surveillants, professeurs de l’unité locale d’enseignement et détenu(e)s, a sélectionné les lettres qui leur paraissaient être les plus belles et le choix a été difficile.
Vous trouverez dans cette édition du printemps des poètes 2007, des lettres d’amour, des lettres de ruptures, des lettres détournées,et des lettres que les détenu(e)s auraient aimé recevoir.
Un bel exercice d’écriture et un grand merci à tous ceux qui ont eu l’audace de participer à ce printemps amoureux.
Les illustrations de ce printemps des poètes ont été réalisées au “quartier femme” dans le cadre de l’atelier de linogravure, sous la direction d’Aurélie Amiot, membre de l’atelier Etching.
” Nous nous étions rencontrés sur une terasse de café ensoleillée, un matin de printemps.Vous m’aviez parlé de peinture, d’histoire.Vous aviez dans votre teint cette pâleur diaphane et blonde des gens qui sont presque dans l’au-delà. Etiez-vous un ange ? Oui vous l’étiez. Je vous ai aimée, là. Comme on aime au delà du vide, suspendu dans le peu de temps que notre rencontre nous avait autorisé. Je voulais vous retenir.Vous deviez partir, c’était sûr, vous le disiez,… vous le saviez, (je l’ai compris plus tard) vous n’en reviendriez jamais. Cette douce folie attachante que je vous témoignais, sans doute la ressentiez vous aussi, mais sans mes illusions…la mort vous attendait. Il fallait que vous partiez. Je vous aimerai toujours sur cette terrasse ensoleillée d’un matin de printemps ” P.K
” Oh mon amour, je ne cesse de penser à toi, chaque jour, je regrette que ce béton m’entoure, j’aimerais tant être auprès de toi pour que mes bras t’entourent.Aujourd’hui même, ça fait trois ans jour pour jour, mais sache qu’entre toi et moi ça ne peut qu’être pour toujours ”
” Maman, ma chère mère, Pamela, ma petite Pam, ma belle Mélanie, Adeline, mon petit ange, Audrey, ou pupuce, ma petite puce, Dorothée, ma beauté, mon adorée, à vous, qui m’avez appris, la douceur, la tendresse, la fragilité, la simplicité, vous avec qui j’ai ri et j’ai pleuré, vous qui m’avez appris à me calmer, à me contrôler, vous qui avait fait de moi un ami, un amant, un fiancée, un concubin, un futur mari.A vous, si affectueuses et si charnelles, enfin à vous toutes, amours de ma vie, gardiennes de mes fantasmes et de mes joies, donneuses de leçons et porteuses d’espoir, je souhaiterais vous dire tout haut, pour m’avoir permis d’être ce que je suis aujourd’hui,…infiniment merci. ”
“Où es-tu qui tant fut? Où es-tu toi qui tant fuit, Où es-tu toi qui tant est, Où es-tu toi qui tombait? Tant de mots résonnent en moi. Tant d’échos de nos émois, de ces rires qui cascadaient, des silences qui nous glaçaient, des élans qui nous portaient, des regards à se noyer quand nos corps se fondaient.
Un jour le feu est mort, on s’est dit: ” c’est fini “.
On croyait être forts mais Cupidon en rit.
Je t’aime encore. ”
” Que tu es belle et imposante! Je t’aime car tu me protèges. Je te vénère car avec toi je peux me barricader. Je t’adore car tu marques ma frontière. Avec toi, il y a mon chez moi, mon espace. De l’autre côté, il y a les autres. Tu ne vieillis jamais car je t’entretiens, un ravalement de façade une fois par an. Mais avec toi, pour te quitter, pour demander de l’aide, je dois donner mon mot de passe: un bout de papier glissé dans ton interstice, toi…ma porte de prison. ”
” Quand on s’aime, on en perd la raison, mais lui est toujours présent en nous. Quand on ferme les yeux, on en perd la vision, mais lui est toujours là, au fond de notre âme. Quand on est enfermé, on en perd la liberté, mais lui est présent en chaque instant. Quand on est rejeté, on en perd sa dignité, mais lui est toujours là, présent dans notre âme, en nous en chaque instant.Mais qui donc? C’est lui! Qui est-ce lui? Lui, c’est l’espoir. “